[Outils pour la classe] La gestion du comportement et de la motivation

comportement

Aujourd’hui, pas de ressources à proprement parler, mais plutôt un point sur la manière dont je gère le comportement de mes élèves cette année. Comme pour tout ce que je vous propose, et même davantage cette-fois ci, tout est à adapter selon votre classe et vos profils particuliers d’élèves. C’est une pratique évolutive qui ne reste pas figée au long de l’année.

1. LES CEINTURES DE COMPORTEMENT


a) Le principe général :


Comme la plupart d’entre nous, j’ai toujours préféré valoriser les bons comportements, plutôt que stigmatiser les mauvais. Du coup, j’ai adapté plusieurs systèmes de ceintures existant sur internet, à un usage qui me convient, et à mes élèves aussi, je crois. Pour résumer, voici le principe global :

Plus j’assume mes devoirs, plus j’ai de droits au sein de la classe. Je prouve ainsi que je suis capable de respecter les droits imprescriptibles et ceux discutés ensemble, et que l’on peut me faire confiance.

Ce principe vise à faire comprendre aux enfants qu’au sein de l’école, ainsi que dans la société, les droits ne se dissocient pas des devoirs. Les droits ne sont pas acquis par défaut mais sont garantis par le respect et le maintien de ses devoirs. De cette manière, aucune sanction c’est arbitraire ou subjective : il n’y a pas d’injustice, chaque manquement à la règle doit être assumé, puisque les règles justement sont connues de tous.

Pour mettre en place ce système, voici l’affichage qui se trouve au fond de ma classe :

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b) Le fonctionnement


Je vais partir de la rentrée pour expliquer le fonctionnement : au début de l’année, chaque enfant est ceinture blanche par défaut. Tout au long de la semaine, suivant le respect des règles de la classe et de l’école, l’enfant aura ou non un bâton sur sa fiche de comportement. Par exemple, prenons un élève imaginaire, Arthur, qui a oublié son agenda mardi, a trop bavardé jeudi et s’est moqué d’un camarade vendredi. Il aura, à la fin de la semaine 3 bâtons sur sa grille. Il pourra donc passer ceinture orange, car cette ceinture peut être obtenue si l’ont a 3 bâtons maximum. Jenna, elle, a eu quatre bâtons : elle reste ceinture blanche. Maxime n’a eu aucun bâton, il passe également à la ceinture supérieure, la orange.

Un des aspects auquel je tiens, et la manière de progresser de ceinture en ceinture. En effet, en partant de la ceinture blanche, il faudra 4 semaines pour atteindre la ceinture rouge, si l’on respecte le nombre de bâton maximum à avoir pour passer aux ceintures supérieures. En effet, gagner la confiance d’une personne est long et doit être mérité. Dans ma classe, on ne peut donc pas passer de la ceinture blanche à la ceinture bleue directement, même si l’on a eu qu’un bâton. Il faut d’abord avoir été ceinture orange, puis ceinture verte. Par contre, si l’on est ceinture rouge et qu’on a quatre bâton dans la semaine, alors on redescend à la ceinture blanche, et il faudra de nouveau 4 semaines de progression pour atteindre à nouveau la ceinture maximum.

Ce système a bien été compris par mes élèves : c’est long de prouver qu’on peut nous faire confiance, mais c’est très rapide de faire perdre la confiance à quelqu’un ; et après, il faut de nouveau travailler à prouver qu’on peut nous faire confiance à nouveau.

Concernant la grille de comportement, elle est collée au fond du cahier de liaison, et je la complète quotidiennement, dès qu’un manquement à la règle est signalé. La voici, pour exemple :

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c) Mes aménagements et retours depuis la rentrée


Pour l’instant, mes élèves ont bien accroché à ce système et sont plutôt bien disciplinés. Une chose que l’on me demande souvent, c’est de savoir si ce n’est pas trop laborieux de compléter la fiche de ceinture au jour le jour ; et bien à vrai dire, pas du tout ! Un élève n’a pas son équerre depuis plusieurs jours, hop, il sort de lui même son cahier de liaison et ça me prend 2 seconde de faire une barre dans la ligne « j’ai mon matériel ». Je ne perds pas de temps en leçon de morale, les élèves savent pourquoi ils prennent un bâton et basta, on passe à autre chose.

J’ai deux élèves pour qui ces ceintures ne semblent pas faire d’effet. Malgré le fait qu’ils envient ceux qui ont des ceintures supérieures (les jeux sur ordi, ça motive !), les devoirs ne sont jamais fait, et c’est pas moins de 4 bâtons mis sur la dernière semaine à ces élèves (devoirs non écrits bien entendu…). Du coup, j’ai fini par leur donner une punition bête et méchante, comme je déteste faire, à savoir une feuille recto-verso à copier « je fais mes devoirs » et à faire signer par les parents… Bon ben le lendemain, les devoirs étaient faits. Mais jusqu’à quand ? Il faudra que je trouve une autre manière pour motiver ces deux-là.

Au contraire, j’ai des élèves qui n’ont jamais quitté la ceinture rouge à partir du moment où ils l’ont obtenue. Du coup, ils m’ont demandé d’inventer une ceinture supérieure, la ceinture des ceintures, la ceinture noire. Pour l’obtenir, il faudra rester 3 semaines d’affilée à la ceinture rouge. Cette ceinture donnera droit à tirer un privilège dans une boite à privilège (une fois par semaine ? une fois par jour ? Je n’ai pas encore décidé). Les privilèges ont été décidé ensemble, chaque élève a fait une proposition de quelque chose qu’il aimerait avoir le droit de faire, et j’ai validé ou non les demandes. En gros, j’acceptais tout à partir du moment où ce n’était pas contre les règles que moi je me dois de respecter (laisser des élèves seuls dans la classe alors que je ne suis pas là, ou bien leur laisser décider du programme en arts visuels). Maintenant, je vais devoir créer ces papiers ainsi que la boite pendant les vacances.

2. LES PETITS ET GRANDS FUTÉS


a) Le principe général  :


J’ai mis en place il y a 2 semaines un système que j’avais vu dans une classe de CM2 dont je faisais la décharge tous les mardis, qui m’avait beaucoup plu, et que j’ai du coup adapté à ma pratique personnelle. En gros, deux feuilles sont accrochées près du tableau, une feuille jaune « petits futés » et une feuille verte « grands futés ». Dessus, la liste des élèves. A côté de chaque élève, je mets un trait noir lorsqu’il obtient un petit futé ou un grand futé, ceci pour les encourager à mieux travailler.

b) Le fonctionnement


  • Je n’ai fait aucune faute de copie dans mes exercices de français et de maths (consignes, réponses etc…)
  • J’ai présenté mes exercices proprement, j’ai respecté tout ce qui était demandé dans la consigne (entourer et non souligner par exemple) et j’ai bien mis mes réponses en couleur (voir ici pour mes exigences de présentation)
  • J’ai réussi à compléter une phrase d’une leçon à trous sans erreur

  • Tous mes exercices de maths et de français sont justes
  • J’ai donné la réponse à une question particulièrement dure que la maitresse nous a posée

Ceci change en fonction des journées ; c’est souvent eux qui me disent, suivant le travail réalisé : « maitresse, là on aura le droit à un petit / grand futé, non ? » A la fin de la période, je compterai les bâtons et décernerai une médaille d’or, d’argent et de bronze aux trois premiers dans les deux catégories. Ce sera ensuite réinitialisé à la période suivante.

c) Mes aménagements et retours


Lors de la rentrée, je n’avais pas du tout prévu de mettre en place ce système. Je l’avais d’ailleurs complètement oublié. Et puis, j’en ai eu marre de pester contre les cahiers bourrés de fautes d’orthographe et le manque d’implication de certains élèves dans la réalisation de leurs exercices ou dans leur participation à l’oral : Tadaaam ! L’illumination, les petits futés et grands futés de mon ancien directeur dont je faisais la décharge !

Ce qui m’avait épaté dans sa classe, c’est que les élèves étaient hyper contents d’en avoir, même s’il n’y avait aucune carotte au bout. Juste la satisfaction personnelle d’avoir bien travaillé, bien répondu, bref d’avoir fait son travail d’élève. Du coup, hop, j’ai mis en place ça rapidement avec quelques aménagements, et pour l’instant : ça marche du tonnerre ! Les cahiers que je corrige ont moitié moins de fautes, les exercices sont bien présentés, les élèves se battent lors des leçons à trous pour donner leurs hypothèses, bref je suis contente.

Maintenant, je ne perds pas de vue que l’effet nouveauté a un impact important dans la motivation des enfants, et sûrement qu’une fois la pratique rodée, il y aura un coup de mou, et je devrai de nouveau trouver quelque chose qui les remotivera. Mais pour l’instant, ça fonctionne. Et puis, comme dit auparavant, ça met en avant ce que réussit l’élève, et non ce qu’il ne réussit pas. Ainsi, l’élève qui a des difficultés et n’a aucun exercice juste, mais qui a soigné sa présentation et la copie, pourra avoir 2 petits futés.

Voilààà ! C’était un message roman, mais qui m’a également permis de faire le point sur ces deux systèmes. J’espère qu’il pourra vous donner des pistes de réflexion ! Des bisous et bonne dernière semaine à vous !